Sophie Brochu rencontre Barack Obama: «un défi intellectuel et émotif»

Sophie Brochu rencontre Barack Obama: «un défi intellectuel et émotif»

À l’issue du discours prononcé par Barack Obama le 6 juin dernier au Centre des congrès de Montréal, Sophie Brochu a interviewé l’ancien hôte de la Maison-Blanche. La présidente et chef de la direction de Gaz Métro, qui s’était déjà prêtée à cet exercice avec Hillary Clinton en mars 2014, revient pour L’effet A sur ses 30 minutes en tête à tête avec le président Obama et sur la manière dont elle s’y est préparée.

Photo de Sophie Brochu et Barack Obama sur grand écran

Quel bilan dressez-vous de votre entrevue avec Barack Obama? En êtes-vous satisfaite?

J’en tire une grande satisfaction comme Montréalaise. Barack Obama s’est adressé à nous avec une grande élégance. Il nous a présenté une grande vision, une vision très holistique du monde. Il nous a notamment rappelé que nous sommes les légataires d’une architecture mondiale bâtie par les générations qui nous ont précédés et que nous devons à notre tour léguer aux générations futures.

Y a-t-il des choses que vous referiez ou que vous ne referiez pas?

Je referais exactement les mêmes choses. Ce fut une entrevue très inspirante. Barack Obama a été généreux de sa pensée. La connexion avec le public a été au-delà de nos attentes. Il a d’ailleurs été chaleureusement applaudi à plusieurs reprises.

Pourquoi avoir choisi de parler d’avenir plutôt que de revenir sur sa présidence?

Parce que c’est ce que le public attendait. Son passé de président est très récent, il n’y a pas encore la distance historique pour prendre le recul nécessaire. Parler d’avenir me semblait plus profitable pour tout le monde. On voulait connaître sa vision, ses inspirations et ses intuitions pour le futur.

Y a-t-il une question que vous auriez aimé lui poser et que vous n’avez pas pu?

Je lui ai posé toutes les questions que j’avais choisi de lui poser et nous avons abordé tous les thèmes prévus. Nous avions 30 minutes pour discuter, mais j’aurais pu passer la soirée à écouter ses réponses. Barack Obama est un homme très généreux, il a fait preuve d’une grande écoute et d’un grand leadership.

Votre regard sur lui a-t-il changé?

Non, il n’a pas changé. J’ai néanmoins une compréhension plus fine du grand homme qu’il est. J’ai aussi compris pourquoi il est si charismatique: son charisme tient à son authenticité.

 À titre plus personnel, quelle a été votre réaction lorsque la Chambre de commerce du Montréal métropolitain vous a sollicitée pour interviewer Barack Obama?

Lorsque Michel Leblanc m’a informée de la venue du président Obama à la tribune de la CCMM, la première émotion qui est montée en moi fut la fierté. Fierté que Montréal soit la première ville canadienne qu’il ait choisi de visiter depuis la fin de son mandat. J’ai félicité Michel pour ce coup extraordinaire. C’est alors qu’il m’a proposé de mener l’entrevue avec le président. La surprise m’a scié les jambes. À la fierté s’est ajoutée une grande émotion de bonheur et de fébrilité.

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Avez-vous hésité avant de donner votre accord?

Je n’ai pas hésité une seconde. Des opportunités pareilles ne passent qu’une seule fois dans une vie. Elles ne se refusent pas. Le président Obama a marqué le monde et son époque. C’est une chance inouïe que de pouvoir m’entretenir avec lui.

Considérez-vous cet exercice comme un défi personnel étant donné qu’il vous sort de votre zone de confort?

Oui, c’est un immense défi. Un défi intellectuel, bien sûr. Mais aussi un défi émotif: une entrevue n’est pas un trip personnel. C’est une affaire de connexion entre les gens dans la salle et la personne interviewée. On est au service de celui qui livre sa pensée et de l’auditoire venu l’écouter. On ne veut décevoir personne.

Comment vous êtes-vous préparée, intellectuellement et mentalement?

90 % du travail se fait avant l’entrevue. La préparation est super importante. J’ai écouté les principaux speechs qu’il a donnés dans la dernière année de son mandat. Je l’ai suivi au cours des dernières semaines pour saisir son état d’esprit. Et bien sûr, je suis attentivement la scène politique américaine et internationale. Au-delà de l’actualité, je cherche les tendances fondamentales de ses positions. Ensuite, je me mets dans la tête des gens qui seront dans l’auditoire. Quelles sont leurs attentes? Que veulent-ils entendre, comprendre, apprendre? Puis je prépare une trame d’entrevue autour de thèmes précis. J’imagine ensuite les questions. Et j’en parle avec des gens de confiance. Stéphanie Trudeau, par exemple, et John Parisella. Ils m’aident à ciseler le tout.

Vous êtes-vous préparée différemment que pour votre entrevue avec Hillary Clinton?

La préparation avec Obama est différente de celle d’Hillary en ce sens que cette dernière était depuis plusieurs mois sur le circuit des conférences. J’avais donc une bonne idée de ses sujets de prédilection. Ce n’est pas le cas de Barack Obama qui débute la ronde des conférences.

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Geoffrey Dirat

Auteur

Curieux de naissance, accroc aux nouvelles depuis l’adolescence, Geoffrey Dirat est tout naturellement devenu journaliste pour continuer à apprendre et à rencontrer des gens. Une quête qui l’a mené à collaborer avec l’équipe de L’effet A.