Du plancher collant au plafond de verre : le petit dico de la femme ambitieuse

Du plancher collant au plafond de verre : le petit dico de la femme ambitieuse

Plafond et falaise de verre, plancher collant et échelon brisé; ces métaphores vous sont certainement familières. Et peut-être plus que vous le souhaiteriez… Elles réfèrent en effet à des concepts qui illustrent les enjeux auxquels sont confrontées les femmes dans la sphère professionnelle et qui les empêchent de réaliser pleinement leurs ambitions. Petit tour d’horizon de ces expressions qui nuisent aux femmes dès le jour 1 de leur difficile ascension.

Le plancher collant et l’échelon brisé : être confrontée à l’impossibilité de monter

Selon une étude belge réalisée en 2016 et au cours de laquelle 1 200 curriculum vitæ fictifs ont été analysés (des hommes et des femmes, qui cumulaient de 4 à 5 ans d’expérience professionnelle), les femmes avaient 33% moins de chance que les hommes d’être conviées à une entrevue d’embauche pour un poste menant à une promotion… en début de carrière! C’est ce qu’on appelle le plancher collant : un trop grand ratio de femmes restent «collées» dans des rôles d’entrée au sein de leur organisation, sans avoir d’aussi grandes possibilités d’avancement que leur homologues masculins, et ce, malgré la qualité de leur CV. Le summum? Celles qui réussissent à être promues sont moins bien rémunérées que les hommes. Malheureusement, l’écart salarial associé au plancher collant n’est pas qu’une affaire de «premier niveau» : il suit les femmes tout au long de leur carrière, aussi peu nombreuses sont-elles à franchir les étapes…

Et pour celles qui persistent à vouloir avancer? Gare à l’échelon brisé!

Celui-ci serait potentiellement le plus gros obstacle auquel font face les femmes lorsque vient le temps d’obtenir des postes de management et de direction. Selon le rapport Women in the Workplace 2020 de McKinsey and Company, pour chaque centaine d’hommes promus à un poste de gestion, seulement 85 femmes le sont. L’écart est encore plus grand quand on parle de femmes noires (58) ou d’origines latines (71).

Le fameux plafond de verre, l’ultime obstacle

Sans doute l’une des expressions les mieux connues quand on évoque les femmes qui n’arrivent pas à occuper des postes d’importance, le plafond de verre reste un défi dans de nombreux milieux comme celui des affaires, des technologies, de la politique et même du cinéma. Ce concept réfère au fait que dans de trop nombreuses structures hiérarchiques, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes, incluant très souvent les femmes.

Heureusement, plusieurs d’entre elles ont réussi l’exploit de faire voler en éclat le plafond de verre et inspirent aujourd’hui nombre de femmes qui refusent de baisser les bras. Il suffit de penser à Kamala Harris, première femme et personne de couleur à occuper la vice-présidence américaine. En Europe, plusieurs femmes ont réussi l’exploit : Christine Lagarde, nommée présidente de la Banque centrale européenne en 2019, et Ilham Kadri, qui est CEO de Solvay. Côté culture, Aretha Franklin a été la première femme à être introduite au Rock and roll Hall of Fame en 1987. Respect! Au Canada, Sophie Brochu est la première femme à prendre la tête de la plus importante société d’État du Québec, Hydro-Québec. Malgré cela, les postes de direction restent encore majoritairement occupés par des hommes. Blancs. En effet, en 2021 au Canada, les femmes occupent 36% des postes de haute direction. En France, les femmes ne comptent que 22% des hauts dirigeants des entreprises du SBF120, les 120 principales entreprises cotées.

Le top 500 des personnes les plus riches dans le monde, réalisé par Fortune, ne compte quant à lui que 37 femmes présidentes-directrices générales. Une très faible amélioration par rapport aux 24 de 2018, et des 33 en 2019.

La falaise de verre : sauver le navire qui coule

Marissa Mayer qui est appelée à la rescousse de Yahoo! en 2012. Mary Barra, la patronne de General Motors, qui prend la tête du fabricant automobile en pleine crise. Carly Fiorina, chez Hewlett-Packard, qui a dû sortir la multinationale américaine d’une importante crise à son arrivée.

Voilà quelques exemples de la «falaise de verre», telle qu’expliquée par Manon Tremblay, une politologue de l’Université d’Ottawa, dans un article du quotidien Le Devoir. Elle décrit le phénomène comme étant le fait que «les femmes deviennent leaders lorsque les partis sont en train de couler». Ce principe est loin de s’appliquer seulement au milieu politique. On l’observe également dans le milieu des affaires, des arts, et plusieurs autres.

Cette autrice de plusieurs livres sur la place des femmes en politique affirme dans ce même article que «comme personne ne souhaite prendre la direction d’un navire qui coule, la compétition est alors moins vive, ce qui donne de meilleures chances aux femmes». Elle explique également que, selon l’imaginaire collectif, les femmes seraient plus efficaces en temps de crise et auraient une plus grande capacité à prendre soin des personnes de leur entourage quand ces dernières ne vont pas bien. De bien belles vertus… qui mettent à risque la crédibilité des femmes, la marge d’erreur étant bien plus grande pour celles qui doivent relever une organisation en péril.

Faire éclater le plafond de verre et fixer les échelons brisés, un geste à la fois

Femmes, hommes, gestionnaires ou partenaires de vie, chacun a son rôle à jouer et peut contribuer à changer les choses pour les femmes ambitieuses, pour nos organisations et notre société. Nous vous proposons 15 gestes à poser dès maintenant au nom de l’ambition féminine. Prêt.e.s?

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Author profile

Gabrielle Brassard Lecours

Autrice

Gabrielle Brassard-Lecours écrit pour divers médias québécois et enseigne le journalisme à l'université Concordia. Elle est aussi co-fondatrice et rédactrice en chef du média numérique Ricochet, et présidente de l'Association des journalistes indépendants du Québec.