Vos avantages sociaux vous avantagent-ils vraiment?

Vos avantages sociaux vous avantagent-ils vraiment?

Pandémie, pénurie de main-d’œuvre, démissions de masse, volonté réaffirmée des employé.e.s d’évoluer dans un environnement professionnel et une culture d’entreprise qui correspond davantage à leur réalité et à leurs besoins : le monde du travail est en pleine transformation. Le résultat de ce changement comporte de nombreux avantages… pour les femmes! Si de belles opportunités s’ouvrent à elles, le moment est également venu de négocier. De négocier leur salaire, évidemment, mais aussi les avantages qui leur permettront de mieux évoluer, pour mieux se réaliser.

Ces avantages sociaux — qu’un nombre grandissant d’organisations affichent en lettres colorées sur leurs médias sociaux, pour attirer les talents — sont bien sûr très alléchants. Et bénéfiques pour les employé.e.s, que ce soit pour leur santé, leur qualité de vie ou leur développement professionnel. Par contre, certains de ces avantages peuvent installer une culture toxique, des attentes irréalistes et même, faire reculer certains droits acquis. Voici quelques exemples de bénéfices qui n’en sont pas réellement, et quelques conseils pour mieux négocier ceux qui VOUS avantageront vraiment.

1. L’horaire flexible

Le mot «flexibilité» est utilisé à toutes les sauces, mais que veut-il réellement dire? La réponse peut varier d’une entreprise à l’autre, mais le vrai enjeu se cache plutôt derrière les politiques qui encadrent ladite flexibilité. Par exemple, la flexibilité sans limites (boundaryless). Bien qu’intéressante à première vue, elle peut être particulièrement néfaste à long terme, car elle installe une culture de connexion constante, qui a pour effet d’encourager les employé.e.s à travailler plus longtemps. Alors? Si on parlait plutôt du droit à la déconnexion?

2. Les vacances illimitées

Au premier regard, l’idée de pouvoir profiter de vacances illimitées est extraordinaire! Mais il s’avère que ce type d’avantage peut devenir dangereux… En effet, si l’incitatif d’utiliser son temps de vacances n’est pas là, la plupart des employé.e.s en prendront bien peu. Pourquoi? Car ils auront tendance à prioriser leurs engagements auprès de leurs clients, explique Ronica Roth, consultante en entreprises agiles. Ce genre de politique peut se retourner contre les employé.e.s, surtout ceux qui travaillent pour des compagnies dont la culture est très compétitive. S’ils veulent se démarquer et obtenir des promotions, les employé.e.s seront porté.e.s à prendre moins de vacances que leurs collègues pour garder une longueur d’avance.

3. Le travail de la maison ou à distance illimité

Les journalistes Anne Helen Petersen et Charlie Warzel expliquent les dangers du travail à la maison, ou à distance, de façon illimitée, surtout lorsqu’il n’est pas structuré : sans de bons outils de gestion ou une personne dédiée à cette initiative, le travail à la maison peut rapidement brouiller la limite entre le temps professionnel et le temps personnel. De plus, comme pour les horaires infiniment flexibles, ce type de politique peut mener les gens à travailler plus, sans regard pour leurs pauses.

Les inégalités entre les genres risquent aussi d’être renforcées par une structure qui n’encadrent pas de façon équitable le télétravail. Selon une étude américaine sur le retour au présentiel, «les hommes ont l’intention de se rendre au boulot de 3 à 4 jours par semaine, alors que les femmes le feraient seulement de 2 à 3 jours par semaine.» Ce qui aurait pour effet d’avantager les hommes sur plusieurs points, dont l’obtention de promotions et de meilleures augmentations salariales. Résultat : les femmes perdent du terrain. Sommes-nous prêt.e.s à accepter un tel retour en arrière?

4. Les repas gratuits

Face à la corvée de la préparation des lunchs, avoir des repas gratuits au bureau semble une solution parfaite! Par contre, il faut se méfier des attentes qui viennent avec de telles politiques, comme l’explique Bryne Hobart, un spécialiste des nouvelles technologies et des finances. Selon lui, les repas gratuits, bien qu’ils ne soient pas offerts de façon malicieuse, peuvent entraîner une culture d’entreprise qui encourage les gens à travailler de plus longues heures. Ceux-ci auraient aussi pour effet de diminuer les interactions sociales hors du bureau. Dans des organisations où la compétition est forte, cela crée un précédent en faveur des employés qui semblent travailler plus fort.

5. La culture d’entreprise amusante ou familiale

Qui n’a jamais entendu le mot «famille» utilisé pour décrire une culture d’entreprise? Bien qu’un environnement familial, amusant ou collégial peut sembler idéal, la réalité est souvent toute autre. Ce genre de culture peut devenir insidieuse, car elle joue — encore — avec la limite entre la vie privée et professionnelle. Cela peut affecter les dynamiques de pouvoir entre les employés et les cadres supérieurs, créer un sentiment toxique de loyauté envers l’équipe, ou même installer un climat de peur lorsqu’il est question d’aborder des sujets épineux.

Quels sont les vrais avantages sociaux?

En fin de compte, les vrais avantages sont ceux dont les gens ont vraiment besoin pour se développer professionnellement et préserver un réel bien-être qui leur permettront de mener une vie globalement plus satisfaisante et épanouissante. Surtout, l’implication de l’organisation est essentielle pour prendre en compte les besoins de tous et encadrer les avantages pour éviter de creuser les écarts et les iniquités. Voici quelques exemples d’avantages réellement bénéfiques :

  • Un fond d’argent pour le développement professionnel et les frais de scolarité ;
  • des demi-journées pour tous les vendredis ;
  • la semaine de quatre jours ;
  • des vacances équitables pour tous ;
  • de bonnes assurances médicales (incluant la vision et le dentaire) ;
  • des règles claires de déconnexion et des limites bien établies.

Tous les avantages sociaux mentionnés ci-dessus sont mesurables, quantifiables et surtout, ils favorisent l’équité dans les équipes et un certain équilibre dans votre vie personnelle et professionnelle.

Bref, gare à ne pas vous laisser charmer par des à-côtés à la mode comme les repas gratuits, la table de ping-pong et les 5 à 7 toutes les semaines, et ce, aux dépens de réels avantages qui contribuent à votre avancement et à votre qualité de vie. En fin de compte, les vrais avantages sont ceux dont vous avez besoin, selon votre réalité. Sur ce, bonne négociation!

 

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