Gestionnaires : misez sur l’apprentissage et l’authenticité

Gestionnaires : misez sur l’apprentissage et l’authenticité

Docteure en psychologie organisationnelle, coach et associée chez SPB, Kimberlea Baron aide les dirigeants à actualiser leur potentiel et à créer des milieux de travail sains. Nous lui avons posé quelques questions sur les forces et aptitudes sur lesquelles tous bons leaders devraient miser.

Quelle est la posture mentale à adopter pour développer son leadership?

Kimberlea Baron
La nouvelle coach du Défi Leadership: Kimberlea Baron, Docteure en psychologie organisationnelle, coach et associée chez SPB.

Comme personnes ambitieuses et exigeantes envers nous-mêmes, j’ai l’impression qu’on se place souvent dans une posture de performance : on se met de la pression pour démontrer à nous-mêmes et aux autres qu’on est capables. Je crois toutefois qu’on gagne à adopter une posture d’apprentissage où l’on accepte de ne pas être parfaites et de se donner le droit d’apprendre en cours de route. 

Pour transformer notre posture mentale, il faut mettre l’accent sur le processus d’apprentissage, pas seulement sur le résultat final. Je crois que c’est ainsi qu’on est dans une posture moins lourde, plus sereine et qui favorise le développement.

En adoptant cette posture d’apprentissage, on peut se lancer dans des défis (même si on ne se sent pas complètement prêtes), car on les voit comme des occasions de développement en or. 

Quels sont les traits que tu valorises chez les leaders?

Selon moi, l’authenticité chez un leader est très importante. C’est un levier puissant pour bâtir la confiance. De plus en plus, je réalise à quel point je valorise également la compassion. Dans nos petits gestes de tous les jours, on peut faire preuve de compassion et démontrer une considération pour les gens. J’aurais tendance aussi à nommer la curiosité et l’ouverture d’esprit. En restant curieux, on garde une certaine humilité et on continue d’être à l’affût des nouvelles possibilités.

La combinaison de ces qualités nous permet d’établir et de maintenir des liens de confiance, d’inspirer les gens et de chercher le meilleur de chacun en laissant une place à la diversité d’idées. Dans un monde de plus en plus complexe et volatile, ces leaders peuvent faire une différence sur le plan relationnel et de l’innovation afin de positionner leur organisation pour le futur avec des ressources engagées et créatives.

Comment maintenir le cap en période de grand stress?

Quelques éléments me viennent à l’esprit, mais l’élément clé me semble d’être cohérent avec nos valeurs. Ça permet de nous ramener à ce qui est important pour nous et d’assumer nos choix. On sera ainsi plus convaincu, voire serein, et moins amer ou anxieux en période de pression.

Notre posture mentale d’apprentissage nous aide aussi à passer à travers les périodes de stress d’une façon un peu plus légère. Le fait de lâcher prise, de prendre soin de soi et de faire preuve de compassion envers soi-même me semble une stratégie également essentielle.

Parlant de lâcher prise, comment peut-on mieux y parvenir comme gestionnaire? 

On entend souvent parler de la difficulté des femmes à lâcher prise ou à déléguer. Je ne crois pas qu’il y ait une seule explication : il y a plutôt des différences individuelles qui expliquent une possible difficulté à déléguer.

Pour s’y attaquer, il faut en prendre conscience et se poser certaines questions. Quelles sont les raisons qui nous poussent à faire les choses nous-mêmes? Est-ce parce qu’on veut protéger notre équipe et ne pas les surcharger? Parce qu’on veut que les choses soient faites d’une certaine manière qu’on juge plus efficaces? Parce qu’on aimerait s’assurer d’un certain standard de livraison?

En prenant conscience de nos propres barrières à la délégation et en les nommant, peut-on agir sur celles-ci et améliorer notre approche de leadership, notre charge et, par la suite, notre équilibre (qui semble un gros défi pour plusieurs de nos jours)?

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Pourquoi la rétroaction est-elle un outil important pour les gestionnaires?

Récemment, les neurosciences ont démontré que la rétroaction peut être perçue comme une menace par notre cerveau. Personnellement, je trouve que ce n’est pas une raison de ne pas en donner ou en solliciter. Au contraire, la rétroaction est très importante pour mieux saisir l’impact qu’on a sur les gens. On peut toutefois la donner avec compassion et la recevoir avec courage et humilité.

Comme les gens ont moins tendance à challenger les gens en position de pouvoir, on a tendance à entendre de moins en moins de rétroaction à notre égard lorsqu’on monte dans une organisation. C’est doublement important de la solliciter, et surtout de démontrer une ouverture et d’intégrer la rétroaction. C’est un outil puissant pour favoriser notre développement en continu et nous aider à nous ajuster à notre environnement.

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